Avez-vous vu la Vulve d’Adèle?

Cannes Film Festival

Photo credit: Wikipedia

Je sais bien que je ne suis plus dans le cœur de l’actualité culturelle, qu’il faudrait plutôt évoquer ici le Goncourt ou le Renaudot.

Mais j’ai préféré attendre avant d’écrire ce billet, histoire de me calmer un peu, de prendre du recul. Et puis, je reste tout de même dans l’actualité cul-turelle.

Avec deux semaines de re-cul, donc, je me pose toujours la même question : pourquoi n’y a-t-il pas de catégorie« porno » au Festival de Cannes ? Le film de Monsieur Kechiche aurait remporté le prix du meilleur film pornographique. Une autre œuvre, plus méritante, aurait obtenu la Palme. Et je ne me serais pas ennuyée pendant 1h30 (soit la moitié du film) ni n’aurais été plongée dans l’embarras le plus profond par ces scènes de sexe interminablement crues (10 minutes ? 20 minutes ? Je ne saurais dire combien de temps moi-même et les spectateurs de la salle 1 du Louxor avons été paralysés par ces han-han et ces splotch-splotch sans fin). Monsieur Kechiche, il me semble  que les gens qui ont envie de se taper une petite branlette devant un film de boules – pardon, de chattes –  préfèrent faire ça chez eux ou dans l’intimité d’une cabine destinée à cet effet. Mais peut-être me fourvoie-je…

Tout n’est pas à jeter, évidemment. Kechiche sait filmer la vie : ça sonne vrai, ça sonne juste. Il a su retranscrire l’adolescence, ses affres, ses émois, la brusque alternance de ses joies et de ses peines, ses moments de communion et de solitude. Mais souvent, il en fait trop.

Kechiche aime les longueurs et les répétitions, son cinéma en devient lourd. Chez les prolos, on parle boulot et on n’aime pas les homos.  On ne mange pas, on bâfre, sauce bolognaise au menton. Chez les bourgeois, on parle art et épanouissement personnel, on reçoit au champagne et aux huîtres. Passe encore. Mais nous montrer aussi souvent et aussi longtemps Adèle mastiquant, bouche ouverte ?!? Nous la faire pleurer, et filmer avec autant de délectation sa morve coulant, coulant, n’en finissant plus de couler?!? Pitié !

Voilà qui me ramène à mon premier propos. Les longueurs, les répétitions, le cul bien cash… Tout cela décidément rentre bien dans la case porno. Si Kechiche se décidait à se lancer dans cette industrie, dont le niveau se verrait ainsi considérablement relevé, on recommanderait chaudement à Youporn de le classer dans les sous-genres « fetish» (pour la mastication et mouchage), « cunnilingus », « lesbian ». Et « teen», bien sûr.

Que dites-vous ? C’est de l’art, pas du cochon ? Mais monsieur, je croyais que l’art était, entre autres, un moyen de sublimer la pulsion sexuelle… Or, de sublimation, ici, je n’en vois point. Cochon va.

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